Lettre de ses trois filles,
Papa était un père très aimant, présents et toujours serviable. Il était très proche et très fier de ses trois filles. Son plus grand plaisir était de nous voir tous réunis autour de lui. Il nous répétait souvent « vous me manquez mes filles ».
Il aimait le contact et surtout être en famille. Oui, une grande famille : 8 petits-enfants et 8 arrière-petits-enfants et un neuvième en cours qu’il n’aura pas eu le temps de connaître. Ce n’est pas donné à tout le monde de connaître 8 arrière-petits-enfants.
Beaucoup de souvenirs nous reviennent :
- Quand nous nous levions ensemble de bonne heure pour partir à l’école, au collège puis au lycée …
- Quand il nous apprenait à bricoler …
- Quand nous mangions et nous faisions à manger ensemble les soirs de cours de danse …
- Quand il nous a appris à conduire sur nos genoux alors que nos jambes ne touchaient pas les pédales …
- Quand nous regardions la télé en cachette (chut ! Il ne fallait pas le dire)
- Quand on jouait à la belote ou au rami avec lui …
- Quand il nous faisait danser une valse, un paso ou un tango …
- Quand il nous serrait très fort dans ses bras …
Beaucoup de souvenirs resteront aussi gravés dans la tête de ses petits-enfants :
- Quand nous partions en caravane avec vous, c’était nos premières expériences de camping…
- Quand je bricole, je pense toujours à toi…
- Quand je suis fier d’utiliser presque aussi bien ma main gauche que ma main droite, comme toi…
- Pour ses petites-filles, elles sont unanimes : une valse avec toi était un honneur qui n’avait pas de prix
- Toi qui étais abonné au journal de nos vies, je t’enverrai des nouvelles à l’infini...
- Je ne connais pas beaucoup d’arrière-grand-père qui maîtrise l’informatique et WhatsApp aussi bien que toi, pourtant parfois difficile à dompter.
- Je garde en mémoire tes cours de soudure à l’arc qui m’avait tellement impressionné…
- Les petites astuces que tu nous donnais en faisant le tour du potager me sont bien utiles aujourd’hui (la grelinette est un de mes outils préférés). Avec Marie-Hélène vous étiez en avance sur toutes ces techniques de permaculture…
- Quand je suis encore très joueur et que je fais quelques « petites bêtises », je pense encore à toi. Tu nous en as montrées quelques-unes étant enfant : juste pour nous amuser un peu. Enfin, la bêtise « bien faite », quoi ! Je me rappelle la fameuse technique du lance-pomme que j’ai hâte de transmettre à mes enfants à mon tour …
- J’ai tant de souvenirs à tes côtés. Tu m’as aidé à grandir, tu as été un modèle…
En effet, il avait de l’or dans les doigts : bricolage, menuiserie, électricité et jardinage…
Il avait aussi de l’or dans les pieds : très bon danseur avec maman et avec ses trois filles aussi ses deux-petites-filles.
Professionnellement, il a débuté quelques mois chez Citroën sur les quais de Seine à Paris. Puis, très rapidement, il a été embauché à la Télémécanique (maintenant Schneider) à Beaumont-Le-Roger comme dessinateur industriel. Il y est resté toute sa carrière en gravissant les échelons. Il est passé responsable d’une équipe puis il a fini responsable des achats. Il aimait nous amener sur les lieux de son travail pour nous expliquer ce qu’il faisait, jusqu’à (pour deux d’entre nous) faire des stages d’étude à son travail.
Côté extra-professionnel, il y a eu aussi beaucoup de choses : leur maison, leur folklore, la danse de salon, la mairie de Perriers-la-Campagne et dernièrement le club de jeux de carte d’Harcourt où il a eu le grand bonheur d’y retrouver un ami de longue date.
En effet, avec maman, ils ont retapé une longère de trois pièces presqu’en ruine qui est maintenant une belle maison confortable de dix pièces avec piscine, verger, potager et véranda. Il a entretenu tout cela jusqu’à son dernier jour. Il refusait de se faire aider. Il était très courageux notre papa. Une maison, ça ne lui a pas suffi. Il a retapé trois studios de danses pour notre maman (Beaumont, Le Neubourg et Brionne). Bien sûr, il avait besoin de notre maman pour lui donner un coup de pouce, surtout vers la fin et pour lui donner des idées de plus en plus folles.
En effet, Maman a eu deux métiers : directrice d’école et professeur de danse. Et, pour chacune de ces deux activités, papa a toujours été tour à tour, constructeur de jeux de cour d’école, aménageur de kermesse, ou créateur de studios de danse. Pour les spectacles, il était à la fois ingénieur du son, éclairagiste, fabricant d’accessoires des plus astucieux. Ils en ont inventé des choses tous les deux ensembles !!!
Ils ont géré ensemble pendant plusieurs années, un groupe de danse folklorique « La Ronde » dans différents foyers ruraux de Normandie avec une troupe d’une cinquantaine de jeunes de 16 à 30 ans avec lesquels ils ont organisé des tournées en France et à l’étranger. Là, déjà, en plus d’être très bon danseur, il était technicien du son et bricoleur pour divers accessoires.
Plusieurs années après, le folklore les a rattrapés, lorsque leur petite dernière est devenue maître de ballet de la Bourrée Montagnarde (groupe d’auvergnats de Paris) : Pas très raisonnable ces allers-retours à la porte de Vincennes, les mercredis soir (même encore tout récemment) ! Là, de nouveau, il a été un danseur et un membre de groupe très apprécié en répétition comme en spectacle ainsi qu’en festivals (Hongrie, Espagne, Italie). Il s’apprêtait même à repartir avec le groupe et maman au Portugal !
Il a aussi été conseiller municipal de Perriers pendant plusieurs années et même adjoint dans ce petit village où il vivait depuis plus de 50 ans.
Pour finir, nous reprendrons une très belle phrase de ses petits-enfants :
C’est un vide immense, mais aussi tant d’amour laissé derrière toi. Tu nous as quitté mais ta voix et ton sourire se trouveront pour toujours en nous. Ton départ est une blessure mais ton souvenir est une lumière. Tu quittes ce monde mais jamais nos cœurs. Tu vivras en nous.